Maroc
Le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, M. Jamal Rhmani, a indiqué que le programme du gouvernement dans sa composante sociale s'inscrit dans le cadre de la poursuite de la mise à niveau de ce secteur, la promotion des conditions des classes à revenus limités, la lutte contre la précarité et la pauvreté et la mise en place des moyens à même de faire face à la conjoncture économique exceptionnelle actuelle.
Dans une allocution à l'occasion du 1er mai, le ministre a précisé que cette conjoncture, caractérisée par la flambée des cours des hydrocarbures, des céréales et des produits de première nécessité, a eu des répercussions importantes sur les prix de certains produits de consommation courante sur le marché intérieur et sur certains secteurs productifs.
En dépit des répercussions directes et indirectes de cette conjoncture, a-t-il dit, le gouvernement a répondu, dans un esprit de responsabilité, à une grande part des revendications matérielles, tout en étant compréhensif des revendications soumises et sans affecter l'effort d'investissement de l'Etat et les programmes de réformes entreprises dans plusieurs secteurs stratégiques ou dans ceux qui connaîtront la mise en oeuvre de programmes prioritaires dans le court terme tels l'enseignement, la formation professionnelle, l'énergie, l'agriculture ou l'eau.
La satisfaction de ces revendications, a dit le ministre, vise l'amélioration d'au moins de 10 pc des revenus de tous les salariés des secteurs public et privé et de tous les retraités, en plus de l'augmentation des allocations familiales à travers la hausse du salaire minimum dans les secteurs industriel, commercial, agricole et des services à hauteur de 10 pc dont 5 pc à partir du premier juillet 2008 et 5 pc à partir du premier juillet 2009, avec des procédures exceptionnelles pour accompagner le secteur textile et habillement pour faire face aux défis auxquels il fait face à l'heure actuelle en vue de préserver les postes d'emploi dans ce secteur et sa compétitivité.
Elle vise également l'augmentation des revenus des fonctionnaires à travers la hausse des salaires pour les fonctionnaires à revenus limités, l'activation du rythme de la promotion des agents de l'Etat classés dans les échelles de 1 à 4, la régularisation des situations des fonctionnaires de l'Entraide nationale, la baisse de l'Impôt sur le Revenu (IR) qui passera de 42 à 38 pc sur deux périodes entre 2009 et 2010, de tel sorte que cette baisse touche toutes les tranches de l'IR, et l'élévation du plafond du salaire exonéré d'impôt sur le revenu de 24.000 dirhams par an à 27.000 dirhams dans une première période pour atteindre 30.000 dirhams dans une deuxième période.
Ces mesures visent aussi l'augmentation des allocations familiales qui passeront de 150 dirhams à 200 dirhams par enfant pour les trois premiers enfants. Ces allocations seront également généralisées, dans une première du genre, aux employés du secteur agricole de même qu'une indemnité sera accordée aux fonctionnaires travaillant dans les régions rurales difficiles d'accès.
Ces mesures et d'autres, a-t-il considéré, sont à même d'avoir une incidence directe sur l'amélioration des salaires et du revenu de l'ensemble des salariés des secteurs public et privé, y compris les employés et agents des collectivités locales et des établissements publics et semi-publics, particulièrement les catégories à revenu limité qui sont au coeur des préoccupations du gouvernement.
M. Rhmani a ajouté que ces mesures profiteront également à la catégorie des retraités, expliquant qu'outre l'augmentation des faibles pensions de 100 dirhams dans la perspective de la réforme du système de retraites, la situation de cette catégorie va s'améliorer à l'instar des autres salariés.
S'agissant de la promotion interne dans la fonction publique qui a été évoquée au cours des rounds du dialogue social, le ministre a indiqué que le gouvernement a proposé l'examen de cette question dans sa globalité dans le cadre d'une commission ad-hoc qui présentera les résultats de ses travaux lors des réunions du dialogue social prévues en septembre 2008, précisant qu'il a été, entre-temps, décidé d'augmenter le quota de la promotion à 25 pc.
Concernant l'action syndicale, le ministre a fait part de l'accélération du rythme de promulgation d'une série de textes juridiques, en concertation avec les syndicats et la Confédération générale des entreprises du Maroc, en plus de la révision et de l'activation de l'ensemble des mécanismes et structures du dialogue bilatéral et tripartite, dans le but de développer les relations professionnelles, la médecine du travail, la sécurité sur les lieux du travail ainsi que de promouvoir les conventions collectives et réglementer l'emploi temporaire.
Il a, d'autre part, mis l'accent sur le chantier de la couverture médicale obligatoire qui revêt une importance particulière pour le gouvernement, que ce soit pour la protection de la santé des ouvriers ou de l'ensemble des salariés et leurs familles, notant que la mise en oeuvre de ce chantier se poursuivra en vue d'améliorer les prestations de la Caisse nationale de la sécurité sociale et de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale.
Le ministre a noté que le parachèvement du système de la couverture médicale se fera également à travers le régime d'assistance médicale au profit des nécessiteux et des personnes à revenu limité, ainsi qu'à travers la création d'un régime spécial pour les étudiants (public et privé) et un autre au profit des professions libérales.
En ce qui concerne les conflits sociaux, M. Rhmani a fait état d'un recul de ces conflits en 2007 avec 143 mouvements de grève, contre 207 en 2006, se félicitant à ce propos du rôle joué par les partenaires sociaux, économiques et les inspecteurs du travail dont les conditions matérielles et morales vont s'améliorer avec l'adoption d'un nouveau statut et d'un nouveau régime indemnitaire.
Dans son allocution, le ministre a évoqué la question de l'emploi estimant que la réalisation d'une croissance susceptible de faire baisser le taux du chômage à 7 pc à l'horizon 2012 est un pari réalisable après que le Maroc ait réussi à baisser ce taux à 9,8 pc en 2007, en comparaison avec les 13,6 pc de l'an 2000.
Cela est aussi possible au regard de la progression positive des opportunités d'emploi créées depuis 2000 avec une moyenne annuelle de 166 mille postes en 2000 et 2007, a-t-il poursuivi, faisant remarquer que 300 mille emplois ont été créés en 2006, une année au cours de laquelle le Maroc a réalisé un taux de croissance de 8,1 pc.
Le secteur privé a contribué en moyenne à hauteur de 95 pc dans la création de postes d'emploi entre 2000 et 2006, a-t-il signalé, notant néanmoins que les postes générés demeurent insuffisants pour absorber le nombre grandissant des demandeurs d'emploi, surtout parmi les jeunes diplômés qui éprouvent des difficultés d'intégration.
Il a précisé que la stratégie du gouvernement s'articule autour de deux axes. Le premier vise la mise en place d'une politique économique qui permette de tirer vers le haut le taux de croissance à travers l'édification et la mise à niveau d'une économie nationale attractive vis-à-vis de l'investissement national et étranger. L'autre axe consiste en la mobilisation de toutes les composantes de la politique nationale volontariste autour de la promotion de l'emploi, notamment celui des diplômés en incitant les entreprises à les embaucher et en encourageant ceux parmi eux qui souhaitent créer leurs propres projets, a dit le ministre.
Concernant le dialogue social, le ministre a relevé que les rounds de ce dialogue qui ont eu lieu entre le gouvernement et centrales syndicales ont été l'occasion de mesurer les efforts déployés par le gouvernement dans le domaine social comme en témoigne l'état d'avancement de la mise en oeuvre des programmes de l'initiative nationale pour le développement humain (INDH) et les subventions de certains matières par la caisse de compensation à laquelle la loi de finances de 2008 a affecté environ 20 milliards de dh.
source:map.ma