La stratégie de Taoufik Hjira Face à la flambée des prix de l’immobilier, le gouvernement réagit. Des pistes de réflexion pour réguler le marché sont proposées aux professionnels. Devant le Parlement, le ministre des finances,
Salaheddine Mezouar annonce une douzaine de mesures et le ministre de l’habitat, Taoufik Hjira, subit un feu nourri de questions. Pour aboutir à un résultat constructif, Hjira a une stratégie.
LE ministre de l’habitat et de l’urbanisme Taoufik Hjira, qui est le premier et le plus directement exposé à toutes les critiques portant sur le secteur de l’immobilier, a opté pour une démarche claire. Il sait -et il le rappelle volontiers- que le secteur de l’immobilier, suite à tout ce qui a été fait pour sa relance, est aujourd’hui une véritable locomotive pour l’économie, l’impactant positivement tant en valeur ajoutée, qu’en création d’emplois, ou en investissement...
Il sait aussi -et il le dit tout aussi franchement- que ce secteur, victime de son succès, connaît de nombreux dysfonctionnements. Il décide donc de procéder par étapes et, commençant par le commencement, il décide d’identifier tous les dysfonctionnements. Il fait appel à un bureau d’études. Ses spécialistes ne lui en apprennent pas plus que ce qu’il sait, mais ils sérient et précisent les problèmes avec leurs relations de cause à effet.
Ainsi, il ressort de leurs conclusions que le déficit du logement (quelque 1,2 millions unités à fin 2007) s’aggrave effectivement. La demande est plus forte parce qu’il y a un meilleur accès au crédit, de meilleures conditions bancaires (baisse des taux d’intérêt, durée du remboursement plus longue), ou encore plus d’investissements étrangers et de MRE.
La rareté du foncier (il faudrait 4.500 hectares par an) affaiblit l’offre et encourage la spéculation. Sans compter la hausse continue des prix des matériaux de construction. Cherté du foncier donc, spéculation, fraude fiscale (ou ce qu’on appelle le noir), défaillances au niveau de la qualité et par conséquent au niveau de la sécurité... Pour préserver le dynamisme du secteur et ses acquis, le gouvernement doit impérativement corriger ces dysfonctionnements.
Aux grands maux, les grands remèdes. Le 16 avril dernier, ce sont pas moins de trois ministres qui ont traité de l’immobilier devant la presse, au siège du département de l’habitat : le maître des lieux Taoufik Hjira, bien sûr, mais aussi Nizar Baraka, ministre des affaires économiques et générales et Salaheddine Mezouar, ministre de l’économie et des finances. De prochaines mesures ont alors été annoncées. Mesures que le ministre des finances a déclinées devant le Parlement quelques semaines plus tard (il y a une dizaine de jours).
Pour Taoufik Hjira, les prochaines étapes procèdent de cet esprit participatif et de concertation qu’il aimerait voir s’instaurer jusqu’à la résolution définitive des problèmes de ce secteur.
Il a donc programmé, cette semaine, une rencontre avec les promoteurs immobiliers pour écouter leur réaction aux mesures proposées par le gouvernement (juste des pistes de réflexion, précise-t-il).
La semaine prochaine, au retour de voyage du ministre des Finances, c’est toute une journée d’étude qui est prévue, au Parlement, au sein de la commission de l’Intérieur et des infrastructures avec l’ensemble des associations professionnelles du Maroc. Les deux ministres (habitat et finances) y animeront le débat et Taoufik Hjira espère bien que ces échanges conduiront à des solutions définitives concertées.
En attendant, les points de vue du gouvernement et des professionnels s’opposent sur l’approche à adopter - dissuasive ou incitative - pour lutter contre la spéculation.
Le gouvernement veut, certes, augmenter et diversifier l’offre (par la création de nouvelles zones urbaines, par exemple). Mais il veut aussi réguler le marché de l’immobilier au moyen de quelques décisions de fermeté, comme la réactivation du droit de préemption au bénéfice de l’Etat (chefâa) pour lutter contre le noir (fraude fiscale), ou une taxe sur les terrains non bâtis et les logements vacants.. Les professionnels, eux, demandent plutôt des mesures d’incitation comme des avantages sur le foncier et des possibilités de péréquation entre faibles marges dans le social et plus values dans le haut de gamme.
Le débat est à suivre avec attention.
source:lereporter.ma

















