Le Parti Authenticité et Modernité (PAM), qui a tenu son premier congrès national les 20, 21 et 22 février à Bouznika, sous le thème “le Maroc demain, en toute confiance”, a procédé à la nomination des membres de son Bureau Politique.
Le Parti Authenticité et Modernité a officiellement “concrétisé la fusion des cinq partis”, selon les termes de son nouveau Secrétaire Général Adjoint, Ali Belhadj. Le parti, dont le premier congrès national a eu lieu à Bouznika les 20, 21 et 22 février, a tenu à se démarquer des autres formations politiques en optant pour la méthode du consensus puisque tous les 33 membres du Bureau Politique, dont cinq femmes, n’ont pas été élus mais cooptés.
Ainsi, les membres du Conseil National ont entériné, à l’unanimité, la candidature de l’ancien ministre de la Santé, Mohamed Cheikh Biadillah au poste de Secrétaire Général du PAM.
Ali Belhaj, ancien Secrétaire Général du Parti Alliance Des Libertés, se retrouve quant à lui hissé au poste de Secrétaire Général Adjoint, au même titre que le militant rifain des droits Humains, Hakim Benchemmass.
Hassan Benaddi, Secrétaire Général sortant, hérite lui de la présidence du Conseil National, instance délibérative du parti, flanqué de grosses pointures : Ahmed Akhchichen, Ministre de l’éducation et de l’enseignement supérieur, Hamid Narjiss, colistier de Fouad Ali El Himma à la circonscription des Rhamnas.
L’ex ministre délégué à l’intérieur n’occupe aucune responsabilité officielle. Il siège aux côtés de Habib Belkouch, Milouda Hazeb, Mohamed Benhammou et Salah El Ouadie au Bureau National.
5.000 congressistes
Auparavant, les 5.000 congressistes avaient élu, très tard samedi, en séance plénière, les membres du Conseil national du parti après avoir adopté le communiqué final du congrès.
Cette élection intervient après l’achèvement des travaux des commissions qui se sont penchées sur les grands principes et orientations du parti, les objectifs et les priorités, ainsi que de son règlement intérieur et sur le projet du communiqué final.
Lors de la séance d’ouverture, le Secrétaire Général sortant, Hassan Benaddi, a fait un grand retour en arrière pour rappeler les raisons de la création du parti, les objectifs assignés, les différentes étapes ayant conduit à l’organisation de ce congrès. Il a par ailleurs déploré, sans pour autant s’y attarder, les “attitudes négatives de certains anciens membres des partis dissous” en allusion à Abdallah Kadiri et Najib Ouazzani, respectivement ex Secrétaires Généraux du parti National Démocrate et de Parti Al Ahd.
La séance d’ouverture a été marquée par la présence de plusieurs invités de marque, notamment des ministres, des leaders de partis, des ambassadeurs et autres personnalités de différents horizons. Toutefois, ni les responsables des partis de Gauche ni encore ceux du PJD n’ont jugé utile de faire le déplacement.
Entretien avec Ali Belhaj, Secrétaire Général Adjoint
Vos impressions à chaud...
Nous sommes contents que cette étape soit passée et que nous allons commencer à travailler sur des bases plus légitimes. Je pense que nous avons réussi notre congrès qui va marquer une nouvelle étape dans la vie politique au Maroc.
Cela veut-il dire que la fusion des cinq partis est officiellement entérinée ?
La fusion a été officiellement entérinée avant mais s’est concrétisée lors du congrès. Aujourd’hui, nous n’avons pas parlé des partis, mais d’un seul parti et d’ailleurs l’un des objectifs du congrès a été la concrétisation de cette fusion.
Quelles sont les priorités du parti à court terme ?
Tout d’abord, préparer les élections communales de juin et structurer les instances régionales du parti.
Pensez-vous pouvoir couvrir toutes les circonscriptions lors des prochaines élections communales ?
On va essayer.
Est-ce que le parti envisage de présenter un mémorandum portant sur des réformes constitutionnelles ?
Bien entendu, c’est d’ailleurs clairement défini dans le texte final. On va discuter par la suite au sein du Bureau Politique de la façon avec laquelle on doit procéder. En tout cas, notre intention est clairement définie dans le texte final.
Réaction
Salah El Ouadie, Porte-parole du Parti et Membre du Bureau National
“Voilà un travail bien fait et une mission accomplie. On a beaucoup parlé, çà et là, de l’échec annoncé de cette entreprise. Il n’ y a qu’à voir la qualité des instances élues, la qualité des débats et des documents qui en sont découlé. Cela prouve notre volonté d’aller de l’avant, à participer à la vie politique et à contribuer à la consolidation des acquis démocratiques et modernistes. Nous sommes confiants après une période assez difficile et nous venons de donner la preuve que notre confiance dans ce projet valait la peine d’être entretenue.”
“Concernant des propositions de réformes constitutionnelles, vous pouvez trouver çà noir sur blanc dans les documents du parti qu’on vient d’adopter. Toutefois, notre démarche est plutôt globalisante et relève d’un état d’esprit. Elle ne concerne pas uniquement des articles de la constitution en particulier, mais il s’agit d’une démarche qui place la régionalisation au centre de nos préoccupations, surtout avec la proposition d’autonomie au Sahara, dans le sens d’une régionalisation élargie qui permette aux citoyens de participer à la chose publique à travers des forums régionaux et cesser d’être des citoyens passifs.”
Réaction
Milouda Hazeb, Membre du Bureau National
“Tout d’abord, on peut dire que notre parti a créé l’événement. Il a également créé un débat sur la démocratie interne au sein des partis politiques. Il a initié une nouvelle façon d’interagir avec les citoyens et une nouvelle manière de faire de la politique. Si on ne s’en tient qu’à cela, ceci est une grande contribution à la vie politique de notre pays. Par ailleurs, la véritable valeur ajoutée du Parti Authenticité et Modernité, réside dans sa contribution à combattre la balkanisation du champ partisan marocain. Le parti n’est pas parti du néant, puisqu’il a capitalisé sur les expériences des cinq partis qui ont fusionné, tout en s’ouvrant sur d’autres profils aussi bien de gauche que de droite et des membres de la société civile.”
“A propos de la réforme constitutionnelle, nous sommes contre une démarche à des fins politiciennes ou électorales. Par contre, nous sommes pour une réforme constitutionnelle qui vise à améliorer le travail des institutions et à rationaliser les rapports entre elles. La régionalisation figure parmi nos principales revendications de réforme.”
“Si le PAM pourra présenter 12% de candidatures féminines lors des prochaines élections? Bien sûr, puisque l’une des priorités de notre parti est d’encourager les femmes et les jeunes à intégrer le parti et s’impliquer dans l’action politique en les associant à la gestion des affaires locales et régionales pour arriver à terme à une alternance entre les générations en matière de gestion des affaires locales.”
source;aufatimaroc.com



